sur le même site :
Hominidés
Poly- vs mono-
Vers un gros cerveau ?
La femme de Flores
Cet essai n'a pas la prétention d'être exhaustif, mais met l'accent sur toutes les découvertes qui ont conduit à des changements de points de vue. C'est ce qui rend cette histoire passionnante.

Certaines images peuvent être agrandies

A peine 200 fossiles ont étés découverts, souvent limités à quelques os, voire une dent; la seule connaissance bien établie sur l'évolution de l'Homme, c'est que notre ignorance est immense.

- 2016 L'analyse de fossiles (une mandibule et quelques dents) découverts en 2014 sur le site de Mata Menge et datés de 700 000 ans en fait les plus anciens restes humains trouvés sur Flores. Leur ressemblance avec LB1 (découvert à Liang Bua) incite les auteurs à proposer une évolution "inversée" d'Homo floresiensis (nanisme insulaire) à partir d'Homo erectus depuis une époque très ancienne (Gerrit van den Bergh, 2016). Cette découverte complète celle d'Adam Brumm (2006).
Une chercheuse belge, Sophie Verheyden, date d'étranges structures formées de stalagmites cassées, couchées et disposées en cercle à 176 000 ans (Verheyden, 2016). Ces structures on étés "construites" par l'Homme de Néandertal à 335 m de l'entrée de la grotte de Bruniquel (Quercy, France), dans un but aujourd'hui inexpliqué.

La grotte de Bruniquel a été découverte en 1990 et ses constructions stalagmitiques avaient été jusqu'alors négligées.
2016 - 2016 Une réinterprétation de la stratigraphie de la grotte de Liang Bua conduit à réviser la datation des restes d'Homo floresiensis qui remonteraient au moins à 60 000 ans (Sutikna, 2016). Les outils associés seraient datés d'entre - 190 000 à - 50 000 ans.

Ces données réfutent définitivement l'idée d'Homo sapiens pathologiques mais reposent sous un jour nouveau la question de la cohabitation entre les deux espèces: Homo floresiensis était présent bien avant l'arrivée d'Homo sapiens sur l'ile de Flores (vers - 50 000 ans). Savoir s'il a survécu à cette arrivée reste une question ouverte.
Outils de pierre - Lomekwi, Kenya
Découverte d'outils de pierre de grande taille, datés de 3,5.106 ans sur le site de Lomekwi, au Kenya (Sonia Harmand, 2015). Ces données éteignent la controverse sur la découverte de McPherron, en 2010.
2015 - 2015 Publication de la découverte en 2013, dans une grotte d'Afrique du sud (Rising Star), de plus de 1 500 ossements attribués à une quinzaine d’individus de tous âges et des deux sexes. Il s'agit d'une nouvelle espèce, nommée Homo nadeli par Lee Berger et son équipe, présentant un mélange de caractères modernes et archaiques (le volume cranien est celui d'un Australopithèque) (Berger, 2015).

Cette découverte, exceptionnelle par la quantité de fossiles collectée, soulève au moins autant de controverses que celle d'Homo floresiensis. L'accumulation de ces squelettes dans une partie reculée et très difficile d'accès de la grotte pourrait indiquer une pratique d'inhumation. Pour le moment, les os n'ont pas pu être datés avec certitude.
Main au pochoir - grotte de Leang Timpuseng, Maros, Sulawesi, Indonésie
Des mains peintes au pochoir dans 7 grottes du karst de Maros (ile de Sulawesi, Indonésie) et connues depuis les années 50 sont datées par la méthode uranium-thorium d'environ 40 000 ans, c'est à dire bien plus anciennes qu'estimé auparavant. Cette datation qui amplifie la découverte de Coliboaia montre que la pratique d'un art rupestre par Homo sapiens est ancienne et généralisée dans le monde (Aubert et all, 2014).
2014 -  
Découverte d'un symbole formé de traits entrecroisés gravé sur le plancher de la grotte de Gorham (Gibraltar); cette gravure était couverte par une couche archéologique datée de 39 000 ans. pour les auteurs, cette découverte démontre la capacité des Néanderthaliens a utiliser une pensée abstraite et a s'exprimer par des symboles géométriques (Rodríguez-Vidala, 2014). 2014 - 2014 Découverte par l'équipe de Yohannes Haile-Selassie de fragments de mâchoires et de quelques dents, appartenant à au moins deux individus et classés dans une nouvelle espèce Australopithecus deyiremeda. Ces fossiles de la région de l'Afar sont datés de 3,4.106 ans (Haile-Selassie, 2015).
- 2011 Découverte dans la grotte de Razboinichya dans le sud de la Sibérie d'un crâne de Chien vieux de 33 000ans (Hodgins, 2011). Ceci montre que la domestication du Loup est très ancienne et s'est réalisée à de multiples reprises. La divergence entre Canis lupus (le Loup) et Canis lupus familiaris (Le Chien) serait même bien plus ancienne selon des études génétiques. Le Loup est le plus ancien animal domestiqué par l'Homme et le comportement social du Loup a probablement facilité cette domestication.

Selon Pierre Jouventin, qui a élevé un Loup au milieu de sa famille dans les années 1970, le Loup domestiqué aurait constitué un auxilliaire précieux dans les activités de chasse d'Homo sapiens.
Rhinoceros - grotte de Coliboaia
Découverte, dans une partie partiellement immergée de la grotte de Coliboaia en Roumanie, de dessins au charbon. La technique utilisée, sans être aussi spectaculaire, rappelle celle de la grotte Chauvet, ce que confirment des datations qui donnent un âge de 32 000 à 35 000 BP (Ghemis, 2011).
Cette découverte montre que la réalisation de fresques dans des grottes présente une extension géographique et temporelle bien plus considérable qu'imaginé jusqu'alors.
2010 -
Découverte dans la vallée de Awash, en Ethiopie, de deux os fossilisés portant des traces de coupures ou grattage pour arracher les chairs et de chocs pour les briser, probablement pour en extraire la moelle (McPherron, 2010). Ces os sont datés de 3,4.10ans, donc contemporains d'Australopithecus afarensis

Cette découverte conforte l'utilisation d'outils par les Australopithèques, en la repoussant dans le temps. La plus ancienne preuve précédente la situait au minimum à -2,5 à -2,6.106 ans.
2010 -
Publication d'un numéro spécial de Science consacré au séquençage du génome d'Homo neanderthalensis.

Comme pour le projet Génome Humain (Human Genome Project), qui a abouti au début des années 2000, ce travail donne (et donnera) lieu à des publications plus ou moins anticipées. Il n'en reste pas moins que le résultat, même partie, illustre les étonnants progrès réalisés dans l'analyse de l'ADN, l'amplification des traces disponibles, le contournement des contaminations...

A la date de la parution de l'article, environ 60% du génome est séquencé. Les premiers résultats confirment :
  • que les échanges génétiques avec Homo sapiens ont étés très limités. Contrairement à l'ADN mitochondrial qui ne révélait aucune trace d'échange, l'ADN nucléaire montre qu'Homo sapiens (du moins les Homo sapiens non africains) aurait acquis quelques séquences de son cousin il y a environ 100 000 ans, peut-être lors de la cohabitation qui s'est produite à cette époque au Moyen-Orient.
  • qu'un certain nombre de gènes emblématiques comme FoxP2 (impliqué dans la pratique d'un langage articulé) sont identiques entre Néandertaliens et Hommes modernes; pourtant l'essentiel des différences génétiques semble se situer dans des gènes relatifs aux capacités cognitives et au métabolisme énergétique.
En attendant un séquençage plus complet et une meilleure compréhension du rôle des éléments séquencés, ce travail est plus une confirmation qu'une révolution: la barrière spécifique entre Néandertal et nous est fragile, voire floue; Néandertal n'est ni la brute stupide qu'imaginait P. Boule il a 100 ans, ni l'équivalent d'Homo sapiens; enfin la théorie Out of Africa trouve ici une confirmation définitive.
2010 -
L'analyse de L'ADN mitochondrial provenant d'une phalange découverte dans la grotte de Denisova (Sibérie) et datée entre -50 000 et -30 000 ans, montre une séquence originale différant à la fois de l'Homme moderne et des Néanderthaliens (Krause, 2010).

L'ancêtre commun de cette espèce et de l'Homme moderne aurait environ 1.106 ans. Ainsi trois espèces du genre Homo, dont une jusqu'alors inconnue, auraient coexisté récemment en Sibérie.
2010 - 2010 Deux fossiles relativement complets (MH1 et MH2) de ce qui serait une nouvelle espèce d'Austalopithèque (Australopithecus sediba), ont étés découverts dans une grotte de Maropeng, en Afrique du sud (Berger, 2010).

Datés de 1,78 et 1,95 million d'années, la morphologie des deux fossiles indique que l'espèce pourrait descendre d' Australopithecus africanus, mais présenterait plus de caractères dérivés communs avec Homo qu'aucune autre espèce d'Australopithèque.
- 2009
La main d'Ardipithecus
Publication d'un numéro spécial de Science consacré à Ardipithecus ramidus. Le fossile principal, Ardi, découvert à Aramis, Ethiopie, fin 1994, est daté de -4,4.10ans; fragile et difficile à dégager, il s'est écoulé 5 ans entre la découverte et la première publication (Lovejoy, 2009).

La main d'Ardipithecus ressemble à celle de l'Homme et non à celle des grands singes. Ainsi cette dernière est un état évolué (qui représente une adaptation à la suspension dans les arbres) et celle de l'Homme un état primitif. La formule de Lamarck «L'Homme est un singe descendu des arbres», encore très présente dans l'inconscient collectif, est définitivement caduque.
En étudiant plus de 1000 marqueurs de l'ADN nucléaire sur plus de 3000 individus répartis enn près de 200 populations (principalement prises en Afrique), Sarah Tishkoff et ses collaborateurs confirment que la diversité génétique des Africains est supérieure à celle de n'importe autre quelle population du monde et identifient 14 groupes ancestraux (Tishkoff, 2009). 2009 - 2009
Le pied d'Homo floresiensis
Une analyse du pied d'Homo floresiensis souligne sa grande longeur proportionnellement à la jambe, caractéristique présente seulement chez certains singes (Jungers, 2009).

Selon les auteurs, le pied lui même présente une mosaïque de caractères modernes et d'autres plus primitifs. Ils rejoignent la réinterprétation de Peter Brown de 2005 proposant une filiation avec un Hominidé plus primitif qu'Homo erectus, mais dont les traces en Asie sont encore inconnues. Accessoirement, cette étude écarte une nouvelle fois l'idée d'une explication de l'Homme de Flores par une pathologie d'Homo sapiens.
 
- 2009 Mark Moore (Moore, 2009) étudie plusieurs milliers de déchets issus de la taille d'outils provenant de la grotte de Liang Bua. Une couche datée entre -95 000 et -17 000 ans (dans laquelle on a aussi retrouvé les ossements d'Homo floresiensis) est surmontée vers -12 000 ans par une couche de tuf volcanique, puis par une nouvelle couche riche en fragments de pierre taillés marquant l'occupation de la grotte par Homo sapiens il y a -11 000 ans.

Le processus de fabrication est resté identique pendant toute la première période et les changements n'apparaissent que lors de la transition, il y a -11 000 ans (tout en restant assez limités).

L'étude montre aussi que les outils de la couche la plus ancienne ne sont pas aussi "évolués" qu'on l'avait cru et qu'ils peuvent très bien avoir été produits par un Hominidé autre qu'Homo sapiens.
 
Analyse de la séquence complète de l'ADN mitochondrial d'un fossile néanderthalien de la grotte de Vindija en Croatie (Green et al. 2008). Cette analyse confirme le premier travail de Krings et al. sur l'ADN mitochondrial néandertalien.

L'étude situe la divergence entre les deux lignées à -660 000 ± 140 000 ans.
2008 - 2008 Des squelettes de petite taille (1 m) datés de -1400 à -2890 BP (before present) sont mis à jour dans l'ile de Palau. En raison du caractère fragmentaire des squelettes, la taille du cerveau n'a peut être déterminée, tout en étant estimée à moins de 1 000 cm3. Ces individus sont considérés par leurs découvreurs comme appartenant à une population d'Homo sapiens adaptée à des conditions de vie particulières (nanisme insulaire) et présenteraient des caractères communs avec LB1, témoignant d'une convergence aptative et non d'une parenté comme l'absence de menton, ou un menton réduit (Berger, 2008).

Si cette découverte peut apporter des arguments pour reconsidérer la filiation de LB1, elle montre a contrario que la taille du cerveau n'est pas une caractéristique d'Homo sapiens !
 
- 2007
Trapézoïdes d'Hominidés
L'analyse par Matthew W. Tocheri et ses collaborateurs du poignet d'Homo floresiensis montre un état primitif différent de l'état évolué acquis par Homo sapiens et Homo neanderthalensis. Ceci exclut qu'Homo floresiensis soit un squelette d'Homo sapiens pathologique (Tocheri M. et al., 2007).
 
- 2007 Découverte, par une équipe internationale (dirigée par Fred Spoor), de deux fossiles quasi comtemporains d'Homo habilis et d'Homo erectus agés respectivement de 1,44 et 1,55.106 ans. Cette datation remet en cause la succession Homo habilis > Homo erectus en montrant que les deux espèces ont cohabité (Spoor F. et al., 2007).
 
L'analyse de l'ADN mitochondrial d'un enfant néandertalien ayant vécu il y a 100 000 ans (grotte de Scladina à Sclayn), présente une séquence éloignée des séquences déjà connues de Néandertaliens, ce qui montre que la diversité génétique de l'espèce a varié dans le temps. Cette diversité importante, il y a 100 000 ans, semble s'être fortement réduite ensuite. (Hänni, 2006) 2006 - 2006 Découverte de Selam (DIK-1/1), squelette d'une Australopithecus afarensis dont l'âge est estimé (par comparaison avec le développement dentaire des Chimpanzés) à 3 ans. Le pied et d'autres os du membre inférieur indiquent une bipédie bien établie, alors que l'omoplate semblable à celle d'un Gorille et les phalanges recourbées sont en faveur d'un déplacement arboricole important (Alemseged et al., 2006).
 
Marian Vanhaeren et ses collaborateurs datent entre -100 000 et -135 000 ans des coquillages perforés (probablement utilisés comme colliers) provenant du Moyen Orient (Skhul) et d'Algérie (Oued Djebbana).

Ce témoignage d'activité artistique précède d'au moins 25 000 ans les découvertes de la grotte de Blombos.
 
2006 - 2006 Publication de l'étude d'outils et de fossiles d'animaux (Stegodon florensis) extraits du site de Mata Menge, dans l'ile de Flores (Indonésie). Les outils, datés de 840 000 à 700 000 ans montrent une continuité de technologie avec ceux découverts à Liang Bua, 50 km à l'ouest et 700 000 ans plus tard. Ceci invalide l'interprétation selon laquelle les outils de Liang Bua aurait été produits par des Homo sapiens (Adam Brumm, 2006).
A partir d'une analyse génétique de 20 millions de paires de bases des génomes de l'Homme, du Chimpanzé, du Gorille, de l'Orang-outan et du Macaque, David Reich et ses colaborateurs datent la divergence de l'Homme et du Chimpanzé entre -6,3.106 ans et -5,4.106 ans. La séparation se serait accompagnée du maintien d'hybrides pendant près d'un million d'années (Reich et al., 2006).

Cette étude relance le débat entre paléontologues et généticiens sur la date de la divergence Homme / Chimpanzé initié en 1969 par V. Sarich.
 
2006 -  
Analyse de quatre nouvelles séquences d'ADN mitochondrial. Ces séquences confirment les analyses précédentes : la différence génétique entre les Neandertaliens et Homo sapiens est bien plus importante que la variabilité interne à ces deux espèces (Serre et al., 2004). 2004 -  
- 2003  
Reconstitution de Peter Schouten

Outils d'<em>Homo floresiensis</em>
Découverte d'Hominidés nains nommés Homo floresiensis par Peter Brown dans la grotte de Liang Bua sur l'ile de Florès. Le squelette principal (LB1) est daté indirectement à -18 000 ans et mesure environ 1 m pour un volume cérébral de 350 cm3. Les fouilles ont aussi mis au jour des outils de pierre évolués et de petite taille (en association directe avec des os fossiles de l'éléphant nain Stegodon, ce qui suggère que Stegodon était chassé).

Ces Hominidés sont interprétés comme une évolution insulaire d'Homo erectus (Brown et al, 2004) (Morwood et al, 2004).

Le nanisme d'Homo floriesensis donne une résonnance étrange aux légendes de l'ile de Flores qui parlent d'Ebu Gogo, le "petit homme".

Pour tous ceux qui croyaient encore à une évolution linéaire et orientée (par exemple à l'augmentation continue de la taille du cerveau), cette découverte est une bombe. Les partisans d'une évolution linéaire sont conduits à rejetter l'interprétation de Peter Brown. L'Homme de Flores ne serait qu'un Homo sapiens pathologique (atteint, par exemple de microcéphalie). Cette échappatoire classique (déjà invoquée lors des premières découvertes d'Hominidés fossiles: 1856, Neander) bute rapidement sur de nouveau faits (Falk, 2005.

La découverte en 2005 de nouveaux fossiles plus anciens (Morwood et al, 2005), mais bien moins complets, rejette l'idée d'une anomalie présentée par quelques individus, mais conduit Peter Brown à s'interroger sur la filiation de cette espèce (remise en cause des liens supposés avec Homo erectus).
Publication de La structure de la théorie de l'évolution par Stephen Jay Gould ( Gould, 2002). Cette "bible" de 2000 pages constitue à la fois une analyse magistrale de l'histoire des idées sur l'évolution, et une argumentation sans concession des conceptions émises depuis longtemps par Gould (évolution buissonante et sans but, absence de progrès, contingence, hiérarchie des mécanismes en jeu).
2002 -  
- 2001 Découverte à Dmanisi en Georgie d'un squelette presque complet (D2700). Le volume cranien n'est que de 600 cm3, ce qui en faisait, dans une interprétation "classique", l'hominidé le plus "primitif" découvert hors d'Afrique (Vekua et al. 2002, Balter and Gibbons 2002). Sa position phylogénétique est discutée et doit être ré-analysée à partir des découvertes ultérieures (comme celle d'Homo floresiensis).

   
- 2001
crâne de Toumaï

Reconstitution du crâne de Toumaï
Découverte de Toumaï Sahelanthropus chadensis (TM 266-01-060-1) par Ahounta Djimdoumalbaye au Tchad. Daté de-6 à -7.106 ans d'après la faune l'accompagnant, ce crâne déformé est l'un des plus anciens fossiles qui pourrait se classer dans la lignée humaine (Brunet et al. 2002, Wood 2002).

Bien qu'il présente un mélange de caractères évolués et de caractères primitifs, la reconstruction du crâne confirmerait ce point de vue en rejetant une parenté avec les grands singes (Zollikofer, 2005). S'il en était bien ainsi, ce fossile, de l'aveu même d'Yves Copens, sonnerait le glas de l'East Side Story.
 
Une "chercheuse indépendante", Chantal Jègues-Wolkiewiez, montre que la grotte de Lascaux, comme la plupart des grottes du Périgord était (avant l'effondrement de son porche) partiellement éclairée par le soleil une partie de l'année (au coucher du soleil du solstice d'été pour la salle des Taureaux). L'art «des ténèbres» pourrait être un art solaire !

L'effondrement du porche de la grotte de Lascaux
L'effrondrement de l'entrée du porche de Lascaux modifiant les conditions d'éclairage est connue depuis longtemps (Leroi-Gourhan Arlette, 1979), mais est restée curieusement mise de côté.
2000 - 2000 Martin Pickford et Brigitte Senut découvrent Orrorin tugenensis, constitué d'un fémur, de dents et de quelques os du bras, dans des roches de 6 millions d'années. Le fémur indique qu'il était bipède alors de les os du bras témoignent d'adaptations arboricoles. La taille serait celle d'un Chimpanzé. Les faunes associées (Impalas et singes colobine) indiquent une forêt ouverte.

Ses découvreurs le considèrent comme plus proche de l'Homme que des Australopithèques (Senut et al. 2001), rejettant l'ancêtre commun de l'Homme et du Chimpanzé au delà de 7 millions d'années et argumentant la divergence par des changements climatiques (East Side Story d'Yves Coppens). Cette interprétation phylogénétique a été mise en doute (Aiello and Collard 2001), ce qui n'a pas empêché la proposition d'une question de baccalauréat sur ce sujet.

Analyse d'ADN mitochondrial d'un Néandertalien du Nord Causase (Ovchinnikov, 2000) .

Analyse d'ADN mitochondrial d'un bébé néandertalien provenant de la grotte de Mezmaiskaya en Russie, (Höss 2000).

Analyse d'ADN mitochondrial d'un Néandertalien provenant de Vindija en Croatie. (Krings et al. 2000).
2000 -  
- 1999 Un squelette partiel d'Australopithèque est découvert près de Bouri en Ethiopie par une équipe internationale, près d'os d'Antilope montrant des traces de découpage par des outils de pierre (Asfaw et al. 1999). Les dents robustes conduisent à créer pour lui une nouvelle espèce : Australopithecus garhi. Cette découverte confirme l'utilisation d'outils de pierre par les Australopithèques.
Première analyse d'ADN mitochondrial (mtDNA) de Néandertalien. L'importante différence d'avec les séquences de divers hommes modernes supporte l'idée que les Néandertaliens n'ont pas eu (ou ont eu très peu) d'échanges génétiques avec les Homo sapiens (Krings et al. 1997; Kahn and Gibbons 1997).
 
1997 -
Les plus anciens outils de pierre connus sont découverts à Gona, en Ehiopie, dans des sédiments daté de -2,5 à -2,6.106 ans (Semaw et al. 1997).

Ceci remet en cause l'exclusivité de la fabrication d'outils de pierre attribuée un temps au genre Homo.
1997 -
  - 1996 Des squelettes d'Homo erectus découverts précédement dans le centre de l'ile de Java (Ngandong and Sambungmacan) sont redatés entre -51 000 et -27 000 ans, ce qui implique la coexitence dans cette région d' Homo erectus et d'Homo sapiens (Swisher et al. 1996). Cette datation met en cause la théorie multirégionale défendue par Milford Wolpoff qui propose l'évolution des Homo erectus asiatiques en Homo sapiens.
- 1995 Michel Brunet découvre à Bhar el Ghazal au Tchad une mâchoire surnommée Abel (AL 288-1) et datée de -3 à -3,5.106 ans.

C'est le premier fossile qui contredit la théorie de l'East Side Story d'Yves Coppens (Coppens, 1983). Les espèces animales qui l'accompagnent indiquent la présence d'un grand lac entouré de forêt et d'étendues herbeuses (Australopithecus bahrelghazali).
- 1995 Redécouverte de Little foot (Stw 573) daté de -4.106 ans. C'est un pied trouvé dans les années 70 et qui n'a été attribué à un Australopithèque que bien plus tard. D'autres os du même individu seraient encore à dégager (Partridge et al. 2003).
- 1994 Découverte par André Keyser, dans la grotte de Drimolen en Afrique du sud, d'Eurydice (DNH7), classé dans l'espèce Australopithecus robustus. L'âge de ce squelette très complet d'une femelle est estimé entre -2 et -1,5.106 ans. Un mâle surnommé Orpheus (DNH 8) avait été trouvé à peu de distance (Keyser 2000).
- 1994
KP29285

KP29285
Découverte par Kamoya Kimeu à Kanapoi au Kenya d'un tibia incomplet : KP 29285 (Australopithecus anamensis). La robustesse du plateau tibial et l'âge de -4,1.106 ans en font le plus ancien témoignage incontesté de bipédie chez les Hominidés.
Chevaux, Chauvet

Lions, Chauvet
Découverte par Jean-Marie Chauvet de la grotte ardéchoise qui porte aujourd'hui son nom. Comme à Lascaux, l'entrée principale s'est effondrée, préservant les peintures jusqu'à nos jours. L'exécution de ces peintures date de l'Aurignacien pour les plus anciennes (environ -30 000 ans). La grotte ayant été de nouveau occupée au Solutréen, il se pourrait qu'au moins une partie des peintures (en particulier certaines de celles tracées à l'ocre rouge et marquées par une schématisation poussée) soient plus récentes.

L'ancienneté des peintures conduit à reconsidérer toutes les théories sur une évolution des styles (de peinture) vers un naturalisme toujours plus grand au fil du temps et des progrès techniques. Dans la grotte Chauvet, les représentations élaborées réalisées au charbon dans les salles les plus profondes ne succèdent pas aux impressions de mains à l'ocre rouge, elles les précèdent.

Pendant plus de 15 000 ans Homo sapiens a peint et gravé des figures d'animaux et des symboles abstraits dont la signification nous échappe.

1994 -
- 1992
Atapuerca 5
Découverte à la Sima de los Huesos d'un crâne : Atapuerca 5 daté d'environ -300 000 ans avec un volume cérébral de 1 125 cm3. Bien qu'il présente de nombreux caractères néandertaliens, sa position phylogénétique est discutée (Arsuaga et al. 1993; Johanson and Edgar 1996).
 
Découverte dans la vallée du Côa au Portugal de milliers de gravures qui pourraient dater de 22 000 à 10 000 ans. 1992 - 1992
AL 444-2
AL 444-2 (Australopithecus afarensis). Découvert par Bill Kimbel et Yoel Rak à Hadar en Ethiopie d'un squelette complet à 70% et daté de -3.106 ans (Kimbel et al. 1994). Le volume cérébral est de 550 cm3 et indique que cette espèce possédait un dimorphisme sexuel important.
Shell beads
Découverte dans la grotte de Blombos (Afrique du sud) par Christopher Henshilwood, d'outils de pierre, de blocs d'ocre gravés et de colliers de coquillages, datés de -80 000 à -70 000 ans.

 
1991 -
Rebecca Cann et ses colaborateurs analysent l'ADN mitochondrial de 241 individus et concluent que les Homo sapiens actuels dérivent d'une petite population ayant vécu en Afrique il y a 200 000 ans (Cann, 1987). Cette théorie sera nommée par d'autres Out of Africa ou avec quelques connotations religieuses l'Eve mitochondriale. 1987 -
  - 1986 OH 62 (Homo habilis) est découvert par Tim White à la gorge d'Olduvai en Tanzanie (Johanson, 1989; Johanson, 1987). Il s'agit d'un crâne incomplet, des bras et de dents appartenant sans doute à une femelle; l'âge est estimé à 1,8.106 ans.
  - 1984
OH5
KNM-WT 15000 (Homo erectus ?). Le garçon de Turkana est découvert par Kamoya Kimeu à Nariokotome près du lac Turkana au Kenya (Brown et al. 1985; Leakey, Lewin 1992; Walker, Leakey 1993; Walker, Shipman 1996).

Il ne manque à ce squelette que les mains et les pieds. L'âge lors de la mort est estimé entre 9 et 12 ans et le fossile est daté à -1,6.106 ans. La taille est de 160 cm (supposée de 180 cm à l'âge adulte) et le volume cérébral de 880 cm3 (supposé de 910 cm3 à l'âge adulte).
Yves Coppens propose l'East Side Story : «il y a huit millions d'années, une crise tectonique réactive la Rift Valley et entraîne un climat plus sec à l'est; soumises à un changement important de l'environnement, les populations orientales évoluent vers les Australopithèques alors que les populations occidentales restent inféodées à la forêt et donnent les grands singes» (Coppens, 1994) 1983 -
- 1979
Reconstitution d'une femme néandertalienne
Découverte par Francois Leveque du squelette écrasé, mais presque complet, d'une néandertalienne, près de Saint-Césaire (Charente maritime). Le squelette est accompagné d'outils de pierre de type Châtelperronien.

Daté d'environ -35 000 ans c'est un des derniers Néandertaliens connus.
- 1978
Empreintes de pas, Laetoli

Reconstitution, Laetoli
Les empreintes de Laetoli sont découvertes par Paul Abell au nord de la Tanzanie. Il s'agit de la piste de deux Hominidés (peut-être de trois), croisée par celle d'un Hipparion, dans des cendres volcaniques datées de 3,6.106 ans (Mary Leakey, 1979).

Les empreintes de Laetoli ressemblent par certains aspects aux empreintes humaines et indiquent de vrais bipèdes, mais le pouce situé de côté montre une structure originale, différente de celle de l'Homme.
 
A partir de l'analyse des faunes fossiles de la vallée de l'Omo, en Ethiopie, Yves Coppens propose l' (H)Omo event : une crise climatique survenant il y a trois millions d'années assèche le climat; les Australopithèques graciles évoluent vers les Australopithèques robustes et vers les Hommes (Coppens, 1975) (Coppens, 1994). 1975 - 1975 KNM-ER 3733 (Homo erectus ?). Découvert par Bernard Ngeneo à Koobi Fora au Kenya (Leakey and Walker 1976). Il s'agit d'un crâne daté à -1,7.106 ans. La découverte de ce fossile dans la même strate qu'ER 406 (A. boisei) à donné le coup de grâce à l'idée d'une évolution linéaire des Hominidés: chaque nouvelle espèce ne remplaçe pas celle qui l'avait précédé, mais l'évolution est au contraire buissonnante, alternant diversifications et extinctions.
 
- 1975
Reconstition du squelette de Lucy, Muséum de Mexico
Lucy Australopithecus afarensis (AL 288-1). Découvert par Donald Johanson, Tom Gray et Maurice Taïeb en 1974 à Hadar en Ethiopie, ce fossile date d'environ -3,2.106 ans. Lucy était un adulte femelle d'environ 25 ans et mesurant à peine plus d'1 m (Johanson, 1976).

Resté longtemps le plus ancien fossile qui pouvait tenir lieu d'ancêtre commun, le nombre des os retrouvés (40% du squelette) et en particulier la présence du bassin et d'un fémur, ont permis de reconstituer un déplacement bipède bien affirmé avec la conservation d'aptitudes arboricoles. La célébrité de la découverte a aussi été assurée par l'emploi d'un surnom, lequel vient de la chanson des Beatles, Lucy in the sky with diamonds.
 
- 1971
Tautavel
Découverte à Arago, par Henry de Lumley, d'un crâne partiel accompagné de cinq molaires. L'âge est estimé à -400 000 ans, ce qui en fait le plus ancien "français". Le volume de sa boîte crânienne est de 1 150 cm3 et la taille de 1,65 m. La position phylogénétique de ce fossile est discutée.
 
Vincent Sarich à partir de la comparaison des séquences en acides aminés de l'albumine et de l'hémoglobine des Primates propose un âge de -5 à -4.106 ans pour l'ancêtre commun de l'Homme et du Chimpanzé (Sarich, 1969). 1969 - 1969
Sangiran 17
Découverte par Sastrohamidjojo Sartono à Sangiran sur l'île de Java d'un crâne presque complet : Sangiran 17 (Homo erectus). Le volume cérébral atteint 1 000 cm3. Une datation récente le situe à -1,7.106 ans, ce qui implique des migrations précoces à partir de l'Afrique.
 
  - 1968
OH 24
OH24, (Homo habilis). Découvert par Peter Nzube dans la gorge d'Olduvai en Tanzanie, ce crâne était applati et a été surnommé Twiggy. Le volume cérébral n'est que de 600 cm3, peut-être à cause de la distorsion qui persiste après reconstruction. Il est daté d'1,8.106 ans.
 
  - 1967 Deux crânes découverts près de la rivière Omo en Ehiopie par Richard Leakey sont aujourd'hui datés à 195 000 ans, et donc considérés comme les plus anciens Homo sapiens (McDougall et al. 2005).
 
- 1959
OH5
Découverte dans la gorge d'Olduvai en Tanzanie, par Mary Leakey, d'un crâne presque complet, OH 5, dénomé Zinjanthropus (Australopithecus boisei). L'âge est estimé à -1,8.106 ans et le volume cérébral est de 530 cm3 (Leakey, 1959).

D'abord considéré comme un ancêtre de l'Homme, on le place aujourd'hui sur un rameau latéral de la lignée humaine.
Cerf, Lascaux

Cheval, Lascaux
Découverte de la grotte de Lascaux par quatre adolescents et leur chien. Les peintures sont datées indirectement à -17 000 ans. Il s'agit de signes abstraits, d'empreintes de mains au pochoir, d'animaux. Les peintures sont exécutées à l'aide de mélanges de sable et d'argiles, d'oxydes de manganèse ou de fer, de charbon de bois.

Les animaux représentés ne sont pas ceux qui sont chassés (essentiellement des Rennes). La signification de ces peintures reste inexpliquée.


1940 -
Theilhard de Chardin écrit Le phénomène humain, ouvrage mystique dans lequel il défend l'idée d'une évolution convergente des populations humaines à partir de l'apparition d'Homo sapiens. En disgrâce avec la hiérarchie catholique depuis la rédaction, en 1923, d'un premier essai de sa "cosmologie" qui touchait au dogme du péché originel et à l'interprétation de la mort corporelle, ses livres ne seront publiés qu'en 1955.

1940 -  
  - 1929 Entre 1929 et 1937, 14 crânes partiels, quelques autres os et des outils de pierre sont découverts à Zhoukoudian (à l'époque Choukoutien), près de Beijing (à l'époque Pékin), avec la participation de Pierre Theilhard de Chardin pour le premier. Leur âge est estimé entre -500 000 et -300 000 ans. Les fossiles disparus en 1941 ne sont connus aujourd'hui que par les descriptions et moulages réalisés par Franz Weidenreich avant cette date : Sinanthrope (Homo erectus).
 
- 1924
L'enfant de Taung
Découverte par Raymond Dart, à Taung en Afrique du sud, d'une face complète avec les dents et les mâchoires et d'un moulage interne du crâne datant de -3 à -2.106 ans (Dart,1925). Cet enfant devait avoir 3 ans. La taille du cerveau est de 410 cm3 et aurait été de 440 cm3 à l'âge adulte.

Cette découverte déplace les origines de l'Homme en Afrique (confirmant ainsi la prédiction de Darwin), ce qui ne sera pas admis par la communauté scientifique avant 1940. La position du trou occipital avait également convaincu Dart que ce fossile était bipède (Australopithecus africanus).

 
- 1912 Charles Dawson, un avocat amateur de fossiles, et Arthur Woodward, conservateur au British Museum "découvrent" à Piltdown des fragments de crâne et une mâchoire. Il faudra attendre 1953 pour que la communauté scientifique anglaise admette qu'il s'agit d'un faux : daté au 14C, le crâne s'avère remonter au Moyen-âge et la mâchoire a à peine plus.

L'origine de ce faux n'a pas été éclaircie. Selon Gould, Dawson et Teilhard de Chardin seraient les auteurs d'une farce qui les aurait rapidement dépassés (Gould, 1984).
 
  - 1908
Reconstitution d'Homo neanderthalensis par F. Kupka

Crâne d'Homo neanderthalensis, La Chapelle aux saints
Découverte par Amedee et Jean Bouyssonie d'un squelette presque complet d'Homo neanderthalensis près de La Chapelle aux Saints.

La reconstitution de F. Kupka, réalisée en 1909, sur les directives de M. Boule, considérée comme erronée aujourd'hui, eût une grande influence et diffusa l'idée d'un homme primitif, au front fuyant, aux arcades sourcilières fortes, aux genoux fléchis. Au contraire, ce squelette présente des "signes de vieillesse"; sa survie jusqu'à un âge estimé entre 30 et 40 ans montre que les néandertaliens possédaient une structure sociale complexe.

L'âge du site est estimé à 60 000 ans.
 
  - 1891 Découverte par Eugène Dubois près de Trinil, sur l'ile de Java d'une calotte crânienne nommée Pithecanthrope (attribuée plus tard à Homo erectus) accompagnée de quelques dents dont l'attribution est incertaine. Un fémur trouvé l'année suivante dans son voisinage est considéré aujourd'hui comme appartenant à un Homme moderne.
Lémurie
A la suite de Philip Sclater (ou Scloter?), Ernst Haeckel (Histoire de la création, Anthropogénie) situe l'origine de l'Homme dans un continent disparu entre Madagascar et la Malaisie qu'il nomme Lémurie, contribuant ainsi à la création d'un mythe (de Quatrefages, 1894).
 
188? -  
- 1886 Découverte dans la grotte de Spy par Marcel de Puydt and Max Lohest de deux squelettes néandertaliens presque complets.
Altamira
Découverte dans la grotte d'Altamira, connue depuis 1868, de peintures de Bisons. Il faudra attendre la fin du siècle et des découvertes équivalentes dans des grottes françaises (grotte de la Mouthe, de Combarelles et de Font-de-Gaume), pour que l'ancienneté de ces peintures soit reconnue.
Des datations (plus récentes !) au 14C de ces peintures figuratives ont donné un âge de 15 000 à 18 000 BP. Des datations encore plus récentes (2012) de la calcite recouvrant certains symboles abstraits à l'Uranium / Thorium donnent un âge de 38 000 BP, indiquant que cette grotte à fait l'objet "d'ajouts" graphiques pendant plus de 20 000 ans.
1879 -
Charles Darwin publie La descendance de l'Homme et la sélection sexuelle, ouvrage dans lequel il défend l'idée que l'origine de l'Homme se situe en Afrique. 1871 -
- 1868
Cro Magnon

Cro Magnon
Découverte de cinq squelettes d'Homo sapiens à Cro-Magnon, un abri sous roche situé dans la commune des Eyzies par Louis Lartet (fils d'Edouard), accompagnés d'outils de pierre, de bois de Renne gravés et d'ornements de coquillages et d'ivoire. L'âge de ce site est estimé à -28 000 ans.
Alfred Wallace propose la théorie d'une transformation parallèle des ancêtres simiens de l'Homme moderne sur les différents continents, aboutissant aux "races" de l'Homme moderne (théorie polygénique).
 
1864 -
Edouard Lartet met au jour à Aurignac des outils qui serviront d'archétype pour définir la culture Aurignacienne et défend l'idée que des Hommes ont cohabité avec des espèces animales disparues (Lartet, 1861)
 
1860 -
Caricature de Darwin
Charles Darwin se décide à publier l'Origine des espèces (Darwin, 1859). Il diffère à plus tard le problème de l'origine de l'Homme, sans pour autant empêcher la polémique, résumée par la caricature qui le représente avec un corps de Singe.
1859 -  
- 1856 Découverte par Johann Fuhlrott dans la grotte de Feldhofer, vallée de Neander d'un fragment de crâne et de quelques autres os. Bien que Fuhlrott ait interprété sa découverte comme celle d'un humain primitif, Rudolf Virchow et une majorité de scientifiques affirmeront qu'il s'agit d'un homme moderne pathologique.

En 1863, Thomas H. Huxley publia une étude de ces ossements, accentuant les traits les plus primitifs, et suggérant ainsi qu'il s'agissait d'un intermédiaire entre l'Homme moderne et le Singe.

En 1999, d'autres os appartenant au même individu ont étés mis à jour (Homo neanderthalensis).
 
- 1852 Découverte à Aurignac de 17 squelettes d'Homo sapiens, dans une petite grotte. Les squelettes sont pris pour ceux d'humains récents et sont réensevelis dans le cimetière communal; on ne les retrouvera pas.
Jacques Boucher de Perthes publie les Antiquités celtiques et antédiluviennes (un deuxième tome sera publié en 1857 et un troisième volume en 1864). Il s'y attache à démontrer que les silex retrouvés dans les couches géologiques sont des outils façonnés par des hommes contemporains d’animaux disparus. Il nomme " diluviennes " les strates dans lesquelles ces vestiges sont trouvés et affirme qu’ils remontent à des millénaires, justifiant ainsi son appellation d'Homme «antédiluvien» (Boucher de Perthes, 1847).
 
1847 -
Samuel Morton publie Crania Americana, ouvrage dans lequel il défend la division de l'humanité en quatre races principales ayant atteint des degrés de perfectionnement différents. 1839 -
- 1829 Découverte d'un fragment de crâne appartenant à un enfant de deux ans et demi. Ce crâne n'a été correctement attribué à Homo neanderthalensis qu'en 1936. Un autre crâne (d'adulte) trouvé en 1848 à Gibraltar ne sera reconnu comme néandertalien qu'en 1864.
Lamarck émet l'idée que l'Homme descend d'un quadrumane qui s'est redressé, mu par le «désir de voir au loin» (Lamarck, 1809). 1809 -  

Références

Recent Developments in Paleoanthropology. The Talk origin Archive. www.talkorigins.org/faqs/homs/recent.html

Hominidae (Wikipedia). fr.wikipedia.org/wiki/Hominidae

List of hominina fossils en.wikipedia.org/wiki/List_of_hominina_fossils

↑ Aiello L.C. Collard M.. 2001. Our newest oldest ancestor? Nature 410 : 526.

() Alemseged Z et al.. 2006. A juvenile early hominin skeleton from Dikika, Ethiopia. Nature 443: 296-301.

() Arsuaga J.-L. et al. 1993. Three new human skulls from the Sima de los Huesos Middle Pleistocene site in Sierra de Atapuerca, Spain. Nature 362 : 534-537.

() Aubert M. et al. 2014. Pleistocene cave art from Sulawesi, Indonesia. Nature 514 : 223-227.

() Berger L. Steven E. Churchill S. De Klerk B. Quinn R.. 2008. Small-Bodied Humans from Palau, Micronesia. PLoS ONE 3(3): e1780. DOI: 10.1371/journal.pone.0001780
() Berger L. et al.. 2010. Australopithecus sediba: A New Species of Homo-Like Australopith from South Africa. Science Vol. 328. no. 5975, pp. 195- 204. DOI: 10.1126/science.1184944.
() Berger L. et al.. 2015. Homo naledi, a new species of the genus Homo from the Dinaledi Chamber, South Africa. eLife 2015;4:e09560. DOI: 10.7554/eLife.09560.

() Boucher de Perthes J.. 1847. Les Antiquités celtiques et antédiluviennes.

() Brumm Adam et al.. 2006. Early stone technology on Flores and its implications for Homo floresiensis. Nature 441 : 624-628. doi:10.1038/nature04618.
(
) Brunet M.. 2002. A new hominid from the Upper Miocene of Chad, Central Africa. Nature 418 : 145-151.

() Brown F. Harris J. Leakey R. Walker A.. 1985 Early Homo erectus skeleton from west Lake Turkana, Kenya. Nature 316 : 788-792.

Brown P. et al. 2004. A new small-bodied hominin from the Late Pleistocene of Flores, Indonesia. Nature, 431 : 1055-1061.

() Cann R., Stoneking M. Wilson A.. 1987. Mitochondrial DNA and Human Evolution. Nature, 325 : 31-36.

() Coppens Y.. 1975. Evolution des Hominidés et de leur environnement au cours du Pio-Pléistocène dans la basse vallée de l'Omo en Ethiopie. Comptes rendus Ac. sciences vol.281 série D : 1693-1696.
() Coppens Y.. 1994. Une histoire de l'origine des Hominidés. Pour la science 201 : 64-71.

() Dart R.. 1925. Australaopithecus africanus : the Man-Ape of South Africa. Nature 115 : 195-199.

() Darwin C.. 1859. On the origin of species by means of natural selection... London, John Murray. www.infidels.org/library/historical/charles_darwin/ (trad. Moulinié J.J. 1873. L'origine des espèces au moyen de la sélection naturelle. Paris, Reinwal et Cie.).
() Darwin C.. 1871 (1874). Trad. Barbier E.. 1891. La descendance de l'Homme et la sélection sexuelle. Reinwald & Cie, Paris. www.bnf.fr.

() de Quatrefages A.. 1882 (1894). Les émules de Darwin. Félix Alcan, Paris : 87-88. www.colisciences.net.

 Falk D. et al. 2005. The Brain of LB1, Homo floresiensis. Science, 308 : 242-245. DOI: 10.1126/science.1109727

() Ghemis C.. 2011. Acta Archeologica Carpathica 46: 5-18.

() Gould S.-J..1984. Quand les Poules auront des dents. Fayard, Paris : 247.
() Gould S.J.. 2002. The Structure of Evolutionary Theory. Belknap. www.hup.harvard.edu/catalog/GOUSTR.html
2006. trad. Blanc M.. La structure de la théorie de l'évolution. Gallimard. Le testament de Stephen Jay Gould en 1464 pages (2034 pour l'édition française). Probablement le livre le plus important qui ait été écrit sur l'évolution depuis l'Origine des espèces !

Richard E. Green. 2008. A Complete Neandertal Mitochondrial Genome Sequence Determined by High-Throughput Sequencing. Cell Volume 134, Issue 3: 416–426. DOI: 10.1016/j.cell.2008.06.021

Haeckel E.. 1874. de l'Histoire de la création des êtres organisés d'après les lois naturelles. C. Reinwald et Cie, Paris.

() Hänni C. et all.2006. Revisiting neandertal diversity with a 100.000 year mtDNA sequence. Current Biology 6 juin 2006, volume 16, issue 1.

() Sonia Harmand et all.. 2015. 3.3-million-year-old stone tools from Lomekwi 3, West Turkana, Kenya. Nature 521 : 310–315.

() Hodgins G. W. et Al.. 2011. A 33,000-Year-Old Incipient Dog from the Altai Mountains of Siberia: Evidence of the Earliest Domestication Disrupted by the Last Glacial Maximum. PLoS ONE 6(7): e22821. DOI: 10.1371/journal.pone.0022821

() Yohannes Haile-Selassie et all. 2014. New species from Ethiopia further expands Middle Pliocene hominin diversity. Nature 521 : 483–488.

() Höss 2000. Ancient DNA: Neanderthal population genetics. Nature 404 : 453 - 454.

() Johanson D. Taieb M.. 1976. Plio-Pleistocene hominid discoveries in Hadar, Ethiopia. Nature 260 : 293–297.

Jungers W. L. et al. 2009. The foot of Homo floresiensis. Nature, 459 : 81-84.

() Krause J. et al.. 2010. The complete mitochondrial DNA genome of an unknown hominin from southern Siberia. Nature, 24 mars 2010.

() Lamarck, Jean-Baptiste de Monet de. 1809. Philosophie zoologique, ou exposition des considérations relatives à l'histoire naturelle des animaux... Dentu, Paris. gallica.bnf.fr; Œuvres et rayonnement de Jean-Baptiste Lamarck www.crhst.cnrs.fr/i-corpus/lamarck/

() Lartet E.. 1861. Nouvelles recherches sur la coexistence de l'Homme et des grands mammifères fossiles réputés caractéristiques de la dernière période géologique. Annales des Sciences naturelles - Zoologie - Tome XV : 177-253.

Langlois C.. 2004. Un homininé nain contemporain d'Homo sapiens.

() Leakey L.. 1959. A new fossil skull from Olduvai. Nature 184 : 491–493.

() Leakey M. Hay R.. 1979. Pliocene footprints in the Laetolil Beds at Laetoli, northern Tanzania. Nature 278 : 317-323.
Leakey M. Hay R.. 1982. Les empreintes de pas fossiles de Laetoli. Pour la science avril : 28-37.

() Leroi-Gourhan Arlette. Allain J. 1979. Lascaux inconnu, 12e Supplément a Gallia Préhistoire. CNRS.

() Lovejoy C. Simpson S. White T. Asfaw B. Suwa G.. 2009. Careful Climbing in the Miocene: The Forelimbs of Ardipithecus ramidus and Humans Are Primitive. Science 2 October 2009: Vol. 326. no. 5949, pp. 36 - 40 DOI: 10.1126/science.326_36.

() Moore M.. 2009. Continuities in stone flaking technology at Liang Bua, Flores, Indonesia. Journal of Human Evolution. doi:10.1016/j.jhevol.2008.10.006.

() McPherron S. P. et al. 2010. . Nature 466, 857-860.

Moore M.. 2009. in Mental States: Evolution, Function, Nature de Andrea C. Schalley et Drew Khlentzos books.google.fr/books?id=YUMrT_Fnoo8C

() Morwood M. J. et al. 2004. Archaeology and age of a new hominin from Flores in eastern Indonesia. Nature, 431. 1087-1091.
() Morwood M. et al. 2005. Further evidence for small-bodied hominins from the late Pleistocene of Flores, Indonesia. Nature, 437: 1055-1061. DOI: 10.1038/nature04022

() Ovchinnikov I. 2000. Molecular analysis of Neanderthal DNA from the northern Caucasus. Nature 404 : 490-493.

() Reich D. et al. 2006. Genetic evidence for complex speciation of humans and chimpanzees. Nature, . .

() Rodríguez-Vidala J. et al.. 2014. A rock engraving made by Neanderthals in Gibraltar. PNAS. doi: 10.1073/pnas.1411529111.

() Sarich V. M. Wilson A. C.. 1969. A molecular time scale for human evolution. Proc Natl Acad Sci U S A. 63(4) : 1088-1093. pdf

() Senut B. Pickford et al. 2001. First hominid from the Miocene (Lukeino Formation, Kenya). Comptes Rendus de l'Academie des Sciences, Series IIA - Earth and Planetary Science 332.2 : 137-144.

Serre D. 2004. No Evidence of Neandertal mtDNA Contribution to Early Modern Humans. Public Library of Science (PLoS) Vol. 2, No. 3, e57 DOI: 10.1371/journal.pbio.0020057

Spoor F. 2007. Implications of new early Homo fossils from Ileret, east of Lake Turkana, Kenya. Nature 448, 688-691.

() Sutikna T.. 2016. Revised stratigraphy and chronology for Homo floresiensis at Liang Bua in Indonesia. Nature 532, 366-369. doi:10.1038/nature17179

()Tocheri M.. 2007. The Primitive Wrist of Homo floresiensis and Its Implications for Hominin Evolution. Science 317 : 1743-1745.

() Tishkoff et al.. 2009. The Genetic Structure and History of Africans and African Americans. Science,  : - . doi: 10.1126/science.1172257.

() Gerrit van den Bergh et al.. 2016. Homo floresiensis-like fossils from the early Middle Pleistocene of Flores. Nature 534, 245–248. doi:10.1038/nature17999

()Verheyden S.. 2016. Early Neanderthal constructions deep in Bruniquel Cave in southwestern France. Nature online. doi:10.1038/nature18291

() Wood B.. 2002. Hominid revelations from Tchad. Nature 418.

() Zollikofer C et all.. 2005. Virtual cranial reconstruction of Sahelanthropus tchadensis. Nature 434 : 755-759.