Photographier avec un appareil numérique
L'ordinateur est le complément naturel de l'appareil numérique comme comme l'est l'agrandisseur pour un appareil argentique. Mais pour ceux qui ne veulent pas rentrer dans la " cuisine des images", certains appareils permettent une impression directe (avec, en contrepartie, des possibilités de traitement plus limitées) et de nombreuses boutiques photos prennent en charge la récupérartion directe des images à partir de la carte mémoire, voire à partir de l'appareil lui-même.
La rapidité de mise en oeuvre, le faible coût d'usage lorsque les documents sont mis en ligne plutôt qu'imprimés, font de l'appareil photographique un outil de choix pour l'éducation (1). |
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1 Choisir son appareil
Nous distinguerons trois types d'appareils : les compacts, les bridges et les réflexes. Ce classement dépend avant tout du viseur, mais chaque type regroupe aussi des fonctionnalités définies sur des critères commerciaux plus que par des contraintes techniques. L'un des appareils les plus cher (à la date de mise à jour de cet article) est le Leica M8 que l'on peut considérer comme un compact.
Les critères de choix vont évidemment dépendre de l'utilisation que vous comptez faire de votre appareil. Si vous partez de longs jours en randonnée loin de toute source d'électricité, les critères d'encombrement, d'économie d'énergie et la capacité de stockage des images seront plus déterminantes que pour une utilisation à la journée.
1.1 Le capteur et l'optique
Le capteur numérise l'image. Sa
résolution est en augmentation constante ces dernières années; les modèles de plus de 3 mégapixels ( 2048 ×1536 = 3,145,728 pixels soit 3,1 mégapixels; c'est le nombre de points constituant l'image) sont aujourd'hui classiques et nombreux sont ceux qui atteingnent 6 ou 8 mégapixels (la résolution maximum est de 14). Avec 4 mégapixels, il est possible d'obtenir des tirages papier de 13x20 cm de qualité (à 300 pixels par pouce). D'autres éléments sont à prendre en compte comme le bruit, la sensibilité. Pour un photographe exigeant, la taille du capteur est également très importante. Les capteurs de petite taille sont présents sur les compacts. Ils peuvent être associés à des optiques peu encombrantes et très performantes (en général des zooms).
Ainsi, un appareil comme le Canon G2 considéré comme l'un des meilleurs lors de sa sortie en 2001 présente un capteur de 0,55' de diagonale (soit 1,397 cm) de 4 mégapixels associé à un zoom 7-21 mm, 1:2.0-2.5 (par habitude on transpose souvent la focale comme si le capteur mesurait 24x36 mm; ce zoom équivaut à un 34-102 mm).
On peut croîre qu'il y a intérêt à posséder le plus petit capteur possible pour une résolution donnée, mais de même qu'en photographie argentique les grands formats ont toujours la côte malgré leur encombrement, les grands capteurs numériques ont un avantage qui surpasse tous leurs inconvénients, celui de limiter la profondeur de champ. Dans certaines circonstances (architecture, photographie scientifique), on apprécie d'avoir une profondeur de champ étendue, mais, au contraire, lorsque celle-ci est limitée, le plan net se détache d'un environnemnt plus flou, ce qui augmente la valeur artistique du cliché. Cet aspect est important en macrophotographie, pour le portrait, mais ausi parfois en photographie de paysage comme l'a illustré André Martin. les grand capteurs sont également moins sensibles au bruit.
Pour le moment, les capteurs au format 24 x 36 mm sont extrêmment rares et chers; le demi-format, dit DX ( 23,7 x 15,6 mm), est bien plus courant. Dans ce cas, il faut multiplier la focale réelle de l'objectif utilisé par 1,5 pour trouver l'équivalent 24 x 36 mm. Et si les boitiers numériques de haut de gamme (reflex) permettent d'utiliser les objectifs classiques de leur marque respective, le choix reste assez limité pour ce qui est des grands angles, dans la mesure ou un objectif de 24 monté sur un capteur DX donne l'équivalent d'un 35 mm !
images interpolées (la résolution de l'image est supérieure à celle du capteur) : il est clair que les pixels supplémentaires n'apporteront aucun détail nouveau à l'image qui apparaîtra floue.
1.2 Compression
Il est difficilement imaginable, aujourd'hui, de stocker dans les appareils des images brutes, à cause de la faible capacité des mémoires disponibles (au mieux quelques Go) et du temps d'enregistrement. Les images sont donc compressées et le format le plus utilisé est le
JPEG.
Gros inconvénient, le JPEG entraîne une perte de qualité non récupérable. Plusieurs degrés de compression sont généralement proposés pour la limiter, mais les appareils "haut de gamme" permettent aussi d'utiliser un format de compression alternatif, sans perte de qualité (TIFF ou RAW). RAW représente en fait plusieurs formats propriétaires spécifiques de chaque marque. RAW est compressé, mais reste un format brut, sans traitement de l'image (contraste, luminosité, saturation, balance des couleurs, netteté); comme il permet de tout contrôler, il est privilégié en photographie professionnelle. Si on choisit la compression JPEG, il est recommandé d'utiliser la meilleure qualité possible, d'autant plus que les algorithmes de compression utilisés par les caméras sont rapides mais peu performants en qualité (c'est l'inverse pour une application de traitement d'image sur un ordinateur).
1.3 Exposition
Les réglages sont généralement moins rapidement accessibles que sur les modèles argentiques, d'où l'utilisation fréquente de modes automatiques. La possibilité de sélection par thème de photographies (portrait, paysage, etc.) est utile et permet d'optimiser les choix vitesse / diaphragme urtilisés; ainsi en mode portrait le diaphramme est très ouvert et la vitesse d'obturation élevée donnant une image nette, même en cas de mouvement et bien détachée sur un arrière plan (relativement) flou, c'est l'inverse pour le mode paysage.
Il est indispensable de pouvoir corriger cette exposition sans passer en mode manuel.
1.4 Viseurs
Le viseur peut être optique, optique réflexe ou numérique; il est généralement complété par un écran.
Le viseur optique simple est une sorte de tunnel équipé de quelques lentilles et situé au dessus de l'objectif, pour cadrer le sujet. Ce visueur ne consomme pas d'énergie, par contre, plus le sujet est proche de l'appareil, et plus se produit une erreur de parallaxe, c'est à dire que l'image vue n'est pas celle enregistrée par le capteur, elle est décalée vers le haut.
Le visueur optique réflexe est conçu comme ceux des réflexes argentiques et permet une vision au travers de l'objectif. Coûteux, il n'est présent que sur les boitiers à objectifs interchangeables. Pour le moment, il est rare que ces viseurs atteignent la qualité de ceux des anciens réflexes argentiques (luminosité) et aucun n'est interchangeable (visée par le dessus impossible, etc.)
Un viseur numérique contient un écran sur lequel est reproduite l'image enregistrée par le capteur. Il offre de nombreuses fonctionnalités (affichage d'informations) et ne souffre pas du problème de la lecture en extérieur comme l'écran, mais sa définition est généralement faible et c'est un grand consommateur d'énergie. Ce viseur caractérise les bridges qui sont des appareils de milieu de gamme.
L'écran sera illisible en plein soleil, mais très précieux si vous photographiez de nuit.
L'écran orientable (à la manière de celui des camescopes), loin d'être disponible sur tous les modèles
est très utile (je dirais même qu'il est indispensable). Il vous permettra de photographier des fleurs sans avoir à vous allonger sur le sol, mais aussi de prendre des vues discrètes, l'appareil étant maintenu au niveau au niveau de la ceinture.
L'écran permet aussi de visualiser presque en temps réel, les images enregistrées, donc de recommencer si nécessaire une prise de vue.
1.5 Vitesse de mise en oeuvre
L'un des principaux reproches faits aux numérique est leur lenteur au déclenchement. Ce n'est plus la photographie instantanée ! La rapidité dépend du capteur mais aussi de l'électronique de l'appareil, de l'autofocus. Si vous trouvez votre appareil trop lent, anticipez la mise au point et désactivez l'auto-focus.
La prise de vue en mode rafale peut aussi être un remède pour la saisie de mouvements rapides. Selon les modèles, le nombre d'images qui peuvent être enregistrées est plus ou moins élevé et il parfois possible d'obtenir de petites animations.
1.6 Stockage
Les cartes Compact-flash sont les plus anciennes et de ce fait les plus répandues, surtout sur les appareils haut de gamme. Aujoud'hui, le format SD (Secure Digital) tend à se développer. Il est conseillé de choisir les plus grandes capacités possibles (au moins 1Go) et de tenir compte de la rapidité des cartes. Le micro-drive (minidisque dur compatible avec les cartes compact-flash 2, les plus épaisses), a eu son heure de gloire, mais sa capacité est aujourd'hui ratrappée par celle des mémoires flash.
Certains baladeurs numériques (comme les iPod de quatrème génération) permettent de décharger la carte de la caméra lorsqu'aucun ordinateur n'est disponible, par exemple en voyage, donc de limiter le nombre de cartes à emporter.
2 Conseils
En règle générale, il est conseillé de sous-exposer, dans la mesure où il sera toujours plus facile de déboucher les zones sombres de l'image dans un logiciel adéquat que de faire apparaître des pixels non enregistrés dans les zones les plus blanches !
Références